POURQUOI LES BASES D'UNE RELATION SE FONT EN SILENCE?

« Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde »

Le Petit Prince

Lors de la première rencontre que j’ai avec différents « couples » humain/animal, souvent nous prenons le temps de discuter, notamment dans le cadre des séances d’accompagnement équestre ou les communications animales. Je suis souvent appelée pour des problèmes relationnels, et il arrive parfois qu’à la fin de la séance, le propriétaire n’ait pas eu l’impression d’avoir de solution « concrète » à se mettre sous la dent. Je leur fais part de ce que ressent leur animal, mais ensuite… Que faire ? Pourtant, lors des séances se cachent de nombreux indices sur la façon d’améliorer la relation avec son animal… Mais ils sont parfois imperceptibles dans ce monde où nous avons l’habitude d’avoir des « notices » et des « modes d’emploi » tout prêts pour faire à peu près tout ce que l’on décide.

 

Mais peut-on parler de faire dans une relation ?

 

On me demande souvent des exercices à faire pour améliorer la relation, ce qu’on doit faire pour que nos animaux nous accordent leur confiance, acceptent d’entrer dans une vraie relation équitable… Ce n’est pas ma façon de transmettre. Je ne donne pas de modes d’emploi. Je donne différentes clés, des outils qui vous permettront de pousser les portes qui vous semblent justes, à vous et à votre animal, et je vous accompagne dans une écoute, dans un dialogue que l’on tente d’équilibrer au fur et à mesure des séances.

Pourquoi ?

 

Parce que pour moi, les bases d’une relation se font en silence

Les bases d’une relation sont imperceptibles tellement elles existent en partant du fond de soi même, de qui on est. Les bases d’une relation partent de notre vécu, de notre passé, de nos blessures et de nos réussites, de nos qualités et de nos émotions. Elles partent de ce qui nous construit, au plus profond de nous…  Cela implique de se connaître soi, et d’avoir un recul sur nos comportements et nos façons d’agir, d’être et de penser. Vous vous en douterez, ça demande une grande capacité d’auto remise en question, et de l’humilité. Bien sûr, tous ces moments se font dans l’intimité la plus profonde, au cœur de soi. C’est autant de dialogues qu’il faut nouer avec soi même avant d’être capable de   les  exprimer correctement à l’autre.

Ensuite, c’est l’autre, son animal qu’il faut apprivoiser… Comme le dit si bien le Renard du Petit Prince, « Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde ».

Il s’agit alors de se construire ensemble et de trouver son équilibre entre deux êtres, différents dans la forme, mais similaires dans le fond. Nous sommes tous des êtes d’émotions dont il faut trouver la fréquence commune sur laquelle s’aligner afin de communiquer. 

Une fois que nous sommes en contact l’un avec l’autre, la relation ne peut naître que sur des bases solides, dans l’équilibre et la sécurité. J’insiste sur le point de la sécurité car je pense que pour être à l’aise dans une relation, nous devons d’abord se sentir en sécurité (physique et émotionnelle). Il s’agit ici que chacun définisse ses propres limites… et écoute celles de l’autre !

Cette écoute mutuelle nous amène souvent à des chemins plus nuancés… Il s’agit en fait d’apprendre à prendre sa place dans la relation, mais aussi d’apprendre à la laisser. Je crois que c’est l’apprentissage majeur que les animaux m’ont apportés ces derniers temps. La relation, c’est ce respect de l’un et de l’autre, dans le plan mental, physique, spirituel, et émotionnel. 

Aussi, dans les séances d’accompagnement équestre, régulièrement, l’exercice proposé est simplement de marcher avec son cheval. Et c’est le seul exercice que je donnerai pour l’apprentissage de la relation, du moins au début. Parce que marcher avec un cheval (mais également avec son chien, ou tout autre être vivant), c’est être capable de faire preuve d’écoute, d’empathie. C’est affirmer le « soi » qui prend toute la place qui lui est donnée, mais dans la bienveillance et le respect.

 

C’est apprendre à composer avec chacun des plans cités plus hauts nous appartenant, mais également appartenant à l’animal. C’est laisser la place à l’intuition, à l’imprévu et au dialogue. Il s’agit finalement d’apprendre à entrer dans un rythme commun, où ce n’est plus l’un ou l’autre qui décident, mais bien deux être en harmonie qui prennent ensemble une direction venue du plus profond d’eux.

Ces moments sont en réalité ceux de l’établissement de la confiance. De cette confiance, naît une réelle relation, et celle avec les animaux est souvent appelée « Animal Miroir », et à raison ! Les animaux ont le don de faire ressortir de nous les émotions que nous cachons au fond de nous, de par leur attitude ou bien par ce qu’ils nous font traverser. Il faut réellement voir cette capacité comme un cadeau et s’y ouvrir pour avancer dans le chemin vers soi, et donc vers l’autre.

 

Petit à petit, ils nous enseignent la cohérence émotionnelle, puis la fiabilité émotionnelle qui transforme réellement la relation avec eux. Une nouvelle façon de vivre s’ouvre à nous, la voie de l’être

Voilà pourquoi aucun résultat impressionnant n’est visible lors des premières séances… Parce que tous ces instants intimes partagés avec soi et avec son animal, où le dialogue verbal devient accessoire, sont imperceptibles. Voilà pourquoi, selon moi, les bases d’une relation se font en silence.


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